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Faire une comptabilité de développement durable pour gagner des paysages

Comptabilité-DD

On va faire des gains en environnement
on va aussi faire des gains sociaux et économiques

La compta-DD (comptabilité de développement durable), c'est proche de la comptabilité économique mais pas trop.

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Trois aspects comptables du développement durable

Introduction

Trois trimestres de perte de suite en économie c'est une récession. Tout le monde s'agite pour essayer d'en sortir. En environnement, on fait des pertes année après année. Il faut faire des gains en environnement parce que la terre ne pourra plus nous supporter.

On va faire des gains en environnement, parce que c'est facile. Tant qu'à faire, on va aussi faire des gains en social et en économie.

Faire un budget de DD

Prévoir combien on va gagner

Le budget sert à organiser le projet pour faire des gains. On fait souvent des budgets économiques parce que c'est obligatoire pour les banques et les impôts ou c'est utile pour commencer une production. On va maintenant en faire pour l'environnement et le social. C'est presque pareil et c'est facile à faire. C'est plus facile de faire trois budgets que de faire entrer l'environnement et le social dans la comptabilité économique. On va quand même tout mettre dans le même tableau. C'est plus facile et on voit mieux comment améliorer le projet.

Faire le budget économique

Comme d'habitude, sinon en prendre l'habitude

Faire un budget économique est la meilleure façon de prévoir les bénéfices ou les pertes économiques. On note les revenus prévus, les dépenses prévues, on fait la soustraction des revenus moins les dépenses et si le reste est positif, on fait le projet. Sinon on modifie le projet pour avoir plus de revenus ou moins de dépenses jusqu'à ce que le budget du projet prédise des bénéfices. Dans les dépenses, on prévoit l'imprévisible (contingences) en inscrivant une dépense d'environ 10% pour les dépenses imprévues.

Chaque ligne de budget comprend une description, une quantité dont on précise l'unité, une valeur dans la monnaie usuelle $, € ou autre et un montant. Le montant est le produit de la quantité par la valeur, aussi bien pour les revenus que pour les dépenses. Le montant représente la quantité de monnaie nécessaire pour réaliser la dépense ou celle qui est obtenue dans le revenu.

Ajouter des colonnes pour l'environnement et le social

Il faut en prendre l'habitude

Le budget économique comporte déja plein de lignes qui sont probablement aussi des revenus ou des dépenses environnementales et sociales. Un revenu économique peut être une dépense environnementale ou un revenu environnemental. Il n'y a pas de règle. Il faut se poser la question pour chaque ligne. Les nouvelles colonnes vont permettre d'inscrire la valeur et le montant environnemental. La description et la quantité sont déjà inscrits. les nouvelles colonnes vont aussi permettre d'indiquer les quantités, valeurs et montants sociaux.

Pour l'environnement et le social, il y a des revenus et des dépenses qui ne sont pas décrits dans les lignes du budget économique. Il faudra donc ajouter des lignes pour les noter. Voir le chapitre suivant.

On manque d'habitude, mais c'est très simple. Pour chaque ligne de revenu ou de dépense économique, on se pose les questions suivantes: Combien la nature va gagner ou va perdre ? On va le dire en mètres carrés. C'est le plus simple. C'est le nombre de mètres carrés de nature en bonne santé qu'il faut pour produire ce qui est marqué dans la description. On peut le calculer à chaque fois. En pratique, on regardera les valeurs usuelles de la région dans des tables de référence pour aller plus vite. Plus on fera de projets et plus nos prévisions seront précises car on saura pour des cas similaires combien on a réellement obtenu ou dépensé de mètres carrés de nature. La quantité dépend du territoire impliqué par le projet. Elle est facile à déterminer pour un projet d'aménagement. On regardera dans des tables de référence pour connaître les valeurs d'impact environnemental des actions dont on ignore le territoire sur lequel se produit l'impact.

Si on veut faire les évaluations soi-même au lieu de se référer aux abaques, il faut trouver la quantité de mètres carrés impactés par le projet et donner une valeur d'impact à ce mètre carré pour pouvoir ensuite par une multiplication déterminer le montant. Contrairement à la valeur économique qui est infinie, la valeur d'impact environnemental est notée entre 0 et 1 ou ente 0 et 100% ou entre 0 et 5 étoiles selon l'unité "de valeur environnementale" choisie. Moi je préfère de 0 à 1, c'est plus facile à utiliser dans les chiffriers. Une valeur d'impact de 0 est donnée à un mètre carré de nature que l'on ne change pas. Une valeur de 1 est donnée à la surface qu'on modifie totalement par exemple en la consommant. Entre les deux, on négocie la valeur de ce mètre carré pas pour l'acheter en gardant à l'esprit que c'est sa valeur d'écosystème riche et équilibré aussi bien pour lui-même que par rapport aux autres écosystèmes voisins. On note une valeur positive si l'impact améliore l'environnement (revenu) et une valeur négative si l'impact détériore l'environnement (dépense). Rappel: c'est une valeure environnementale, pas une valeur économique. En pratique c'est souvent très simple car dans les budgets économiques, on consomme les mètres carrés de nature à 100% et quand on ne fait qu'utiliser l'espace sans le consommer totalement, on peut facilement dire pour combien d'années on en a avant de devoir le changer. On divise alors le 1 par le nombre d'années pour obtenir la valeur à utiliser. Si la réserve de nature disponible permet de reconstituer automatiquement ce qui est consommé avant sa prochaine consommation, on met 0 ou, pour faire les choses dans le detail, on met une dépense avec une valeur de 1 et on fait un inventaire qui nous donne un revenu avec une valeur de 1. Pour faire l'inventaire de départ, on regarde la surface et on évalue sa valeur comme mentionné précédemment. On peut investir dans la capacité de support du territoire afin d'augmenter sa valeur globale. Pour les consommations sans usure apparente comme la sonsommation énergétique, on utilise un coefficient de conversion.

Pour les quantites sociales, on utilisera les heures car c'est le plus facile à prévoir et à vérifier par la suite. La quantité d'heures est limitée par personne et par jour à 24.

La valeur des heures est négociée avec la personne qui les fait. Elle est fortement influencée par la capacité physique et mentale de la personne. Cette valeur est relative à l'activité en cours et à sa durée normale souhaitable. Même si on s'épanouit pleinement dans son travail, seules les heures normales de travail seront comptées à plein. Un déficit d'heures ou un excès d'heures de travail ne permettra pas d'atteindre le maximum de valeur. Un travail dans de mauvaises conditions ne pourra pas atteindre plus de valeur en travaillant plus longtemps. La valeur de qualité de vie n'est ni cumulable, ni épargnable.

Ajouter des lignes pour ce qui n'est pas déjà compté

Ce qui compte vraiment mais qui n'a pas de valeur économique

Dans la comptabilité économique, on ne marque que ce qui peut avoir une valeur à l'achat ou à la vente. Il manque tout le reste. Tout ce qui a de la valeur environnementale et de la valeur sociale mais pas de valeur économique doit être inscrit dans le budget du projet.

Les nouvelles lignes commencent de la même manière qu'une ligne de buget économique avec une description, une quantité. La valeur économique devra être évaluée. Le plus souvent ce sera une valeue nulle, car sinon elle aura certainement déjà notée. Ce sera peut-être une valeur négative (dépense) ou une valeur positive (revenu) qui aura été plus ou moins volontairement oublié dans la comptabilité économique parce que supporté par d'autres. La loi sur le développement durable nous demande d'internaliser les coûts. Il serait bon de la respecter.

Cet ajout de lignes est très important car c'est là qu'on va pouvoir prévoir et au besoin ajuster le projet pour qu'il fasse des gains environnementaux et des gains sociaux.

Trois étapes faciles pour faire des gains: 1 Réduire les coûts ou augmenter les revenus. 2 Compenser les pertes (revenus moins dépenses) impossibles à éviter. 3 Compenser 10% de plus pour faire des gains de 10%.

Noter les transactions dans le journal DD

Pour suivre l'avancement du projet

Chaque ligne de journal note: la date de la transaction, la description de la transaction, la quantité, la valeur et le montant de la transaction pour l'échange économique, la valeur et le montant pour l'impact environnemental et la quantité, la valeur et le montant pour la qualité de vie sociale.

Des quantités

Facilitez-vous la vie avec plusieurs mesures

Pour faciliter la comptabilité, on aura parfois intérêt à noter la quantité par une mesure facile à prendre. Par exemple la durée la durée des actions facilite le calcul social, car une même action peut avoir des durées très varialbles. Par exemple un trajet en voiture habituellement noté en kilomètres dans la comptabilité économique sera plus facile à comptabiliser en heures dans la comptabilité sociale. Pour l'environnement, la surface d'impact facilite le calcul, mais est rarement indispensable. Pour reprendre l'exemple du déplacement, qu'on détermine sa quantité en kilomètres ou litres d'essence, le calcul de la valeur d'impact pour la région est toujours le même. En pratique, on aura recours à un tableau de valeurs d'impact pour la région et on choisira le tableau en fonction de l'unité de mesure qu'on a utilisé pour la comptabilité économique.

Des valeurs

Une valeur ça s'évalue, ce ne se mesure pas

C'est le piège classique. On voudrait que tout soit mesurable. Rien ne ressemble plus aux nombres que des nombres, mais non, il faut résister à la tentation. Mesurer des valeurs ne sert qu'à se donner une idée sur des ensembles de valeurs, comment elles se répartissent, elles naissent, s'enflent, se dégonflent lentement ou éclatent comme des bulles, mais en aucun cas la mesure des valeurs ne sert à établir la valeur des choses.

La valeur dépend du système de référence dans lequel on évalue. Ce système est souvent caché ou tellement incrusté dans la culture qui l'utilise que plus personne ne le voit.

Le système économique fonde sa valeur dans l'échange. La monnaie sert à faciliter cet échange en lui permettant d'être différé dans le temps et dans l'espace tout en servant de réserve de valeur. L'échange nécessite de contrôler les règles d'addition et de soustraction pour être à somme nulle. Ce qui est soustrait d'un côté est additionné de l'autre.

Le système environnemental fonde sa valeur sur la richesse, la diversité et l'équilibre à long terme des écosystèmes. La comptabilité environnementale permettra de créer une monnaie environnementale dont le rôle sera de favoriser le maintien de ces équilibres productifs. Le maintien de l'équilibre nécessite de contrôler les règles d'addition et de soustraction des valeurs avec des seuils à ne pas dépasser et des optimums à atteindre.

Le système social fonde sa valeur dans la qualité de vie réelle et imaginée. Cette qualité s'apprécie dans les divers modes de relation. L'échange, le don, le partage, l'imitation ne sont que quelques exemples qui montrent qu'il ne pourra pas y avoir un seul mode de calcul. L'addition et la soustraction devront être complétés par des multiplications, des divisions, des maxima et des minima pour faire correctement la prévision des gains du projet. En pratique, ce sont essentiellement les additions et les soustractions avec des valeurs plafonnées qui sont utilisées.

Des montants

La valeur globale de la transaction

Le montant est le produit de la quantité par la valeur. Pour l'économie, ce montant n'a pas de limites. Pour l'environnement, le montant est limité par la capacité de support du territoire moins 10% de contingences. Pour le social, la limite du montant est imposée par la durée de la journée en cours, et peut aussi être contraint par le passé.

Faire les comptes de DD

Pour savoir combien on a réellement gagné

Le compte économique a un peu plus DD

Plus d'internalisation, plus de prévoyance, plus de stabilité

La comptabilité économique est suffisamment connue pour ne pas avoir besoin de la décrire. L'introduction du développement durable change quelques habitudes de gestion mais pas les règles comptables.

Quand on prévoit une dépense, on la dépense au complet pour faire des gains. Les réductions de dépenses réalisées par les pratiques de développement durable ne sont pas des gains. C'est une épargne. Cette épargne doit être utisisée pour compenser les pertes et pour faire des gains environnementaux, sociaux et économiques.

On prévoit systématiquement une ligne de compensation environnementale et sociale pour toute dépense et pour tout revenu économique.

On prévoit systématiquement une ligne d'investissement environnemental et social pour toute dépense et pour tout revenu économique.

Les politiques de développement durable de l'entreprise permettent de dégager les sommes nécessaires pour financer les compensations et les investissements environnementaux et sociaux sans augmenter les dépenses que l'on aurait faites sans politique de développement durable.

Le compte environnemental fait maintenant des gains

La richesse environnementale existe et est prise en compte

Par l'ajout des lignes de compensation et de gains environnementaux, les projets prévoient 10% de gains. Le suivi du projet dans sa réalisation déterminera le gain effectivement réalisé.

Le calcul des gains environnementaux repose sur la détermination des revenus et des dépenses environnementales. L'ajout d'un élément dans un écosystème peut être soit un revenu ou une dépense pour l'écosysteme. Cette affectation comme revenu ou dépense n'est pas seulement liée à la nature de l'élément. Elle dépend également de la proportion qu'il doit avoir pour maintenir la productivité et la durabilité de l'écosystème.

La comptabilité environnementale est très proche de la comptabilité économique. On fait un budget avec des quantités d'impact sur l'environnement de nos actions, on multiplie ces quantités par leur valeur d'impact environnemental et on obtient des montants à additionner si ce sont des amélioration de l'environnement et à soustraire si ce sont des détériorations de l'environnement.

La valeur est l'environnement équilibré. L'unité de compte la plus simple à utiliser pour faire des gains est le McaEE, mais on peut choisir l'unité que l'on souhaite. Le McaEE est une valeur entre 0 et 1. 1 pour un mètre carré d'environnement riche, diversifié et en équilibre durable. 0 pour un environnement dévasté.

Le capital environnemental n'est pas échangeable. On ne peut pas échanger un milieu contre un autre. Les gains ou des pertes réels de capital se mesurent en comparant la valeur du territoire d'une année à l'autre. On établit le minimum de capital naturel nécessaire en fonction du besoin de la rente annuelle qu'il produit pour compenser notre consommation de nature augmenté de la part nécessaire pour rembourser la dette (environnement dévasté par le passé).

Le compte social fait aussi des gains

La richesse sociale existe et est prise en compte

Le temps de qualité de vie ne peut pas être échangé avec d'autres personnes. En l'absence de transfert, il n'y a pas de correspondance entre les revenus et les dépenses.

Les quantités sont limitées par la répartition des durées dans la journée sans être reportables au lendemain. Elles sont donc plafonnées et pas échangeables.

La qualité de vie dépend, entre autres, d'une répartition équilibrée entre le temps pour soi, le temps avec ses proches et le temps avec les autres. Ils forment des comptes dépendants mais séparés dans la comptabilité sociale. En pratique ces comptes sont déjà séparés dans les comptabilités économiques des entreprises et des individus.

Les comptes sont individuels. On peut cependant calculer des montants pour des groupes. Pour les comparaisons, pour les groupes, il faut faire la proportion avec la dimension du groupe.

La valeur est la qualité de vie qv. L'qv est une valeur entre 0 et 5 étoiles donnée par l'individu concerné. Elle est convertie en valeur de -1 à 1 par le chiffrier pour déterminer le revenu ou la dépense du temps passé. L'unité de compte est l'heure de qualité de vie hqv. Le produit du temps par sa valeur. Elle est cumulée dans la limite de la répartition des divers temps nécessaires à une bonne qualité de vie. Elle prend sa signification par rapport au temps passé. Dans le budget d'une entreprise, sauf exception, la qualité de vie du temps avec les autres domine, la qualité de vie idividuelle et celle des proches apparaît lorsqu'il y a des interférences dans le temps de travail et les autres temps de la journée ou lorsqu'il y a des politiques dédiées.

Le capital social est déterminé par la capacité des individus à profiter des différents temps nécessaires à une bonne qualité de vie.

Créer des facilitateurs de DD

Pour faire plus de gains en DD

Des politiques

Pour changer volontairement les façons de faire

L'obligation de faire une comptabilité économique pour les entreprises est un fait aquis. Elle est nécessaire pour faire la déclaration d'impôts. Pour les plus grandes entreprises, des publications plus élaborées des résultats avec des notes extracomptables et un rapport d'activité sont nécessaires pour être sur le marché boursier ou pour les entreprises à but social.

Avoir une politique de divulgation des résultats environnementaux et sociaux est déjà un avantage concurrentiel pour les entreprises. En faire une obligation pour certains contrats ou subventions serait un pas facile à faire.

Un pas plus grand pourrait être fait en se servant des résultats de la comptabilité de développement durable pour changer le calcul de richesse collective et de la monnaie nécessaire à l'économie environnementale et sociale.

Des politiques très spécifiques sur des points de gestion peuvent amener des gains incroyables dont on ne devrait pas se priver.

Des outils pratiques

Pour changer les façons de faire au quotidien

Le transport est responsable d'une part importante de notre dépendance au pétrole et de conséquences désastreuses sur l'environnement. On peut en visant des gains environnementaux, changer des pratiques simples comme le remboursement des frais de déplacements.

 

 

Quelques références

Comptabilité économique verdie

Comptabilités environnementale et sociale

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